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Démarche

Le travail de Tammi Campbell entre en dialogue avec l’héritage de la peinture moderniste et minimaliste en référant, explicitement ou indirectement, aux legs d’Agnes Martin, de Frank Stella ou de Sol LeWitt, par exemple. Campbell sonde avec humour la spécificité du médium peinture et le fétichisme du processus de création à travers des œuvres peintes en trompe-l’œil, mais dont l’achèvement semble incertain. Cette esthétique « en processus », « en chantier » est servie par les matériaux et les zones périphériques du monde de l’art que Campbell évoque, et qui concourent à interroger la valeur attribuée à la peinture et au savoir-faire de l’artiste. Ses œuvres tendent effectivement à générer anticipation et confusion et à rendre caducs nos codes d’analyse ou de contemplation devant une œuvre d’art.

Dans sa série Work in Progress, Campbell simule des rubans adhésifs beiges et verts qui feignent préparer des œuvres à compositions géométriques dans l’esprit hard-edge. Souvent présentées à plat sur des tables de travail, ces œuvres reportent le moment de l’atelier dans l’espace de la galerie. Dans Paper series, c’est plutôt toute la potentialité de la feuille blanche qui est laissée en suspend– il ne semble pas y avoir d’œuvre picturale, mais la feuille elle-même est faite de peinture. Dans sa plus récente série, amorcée avec l’exposition New Works à la Galerie Hugues Charbonneau, l’artiste recrée en trompe-l’œil des matériaux d’emballage à l’aide de mélanges à base d’acrylique : carton ondulé, pellicule translucide de polyéthylène, papier bulle, ruban adhésif, etc. Par conséquent, ces tableaux, comme les œuvres de Paper series, s’apparentent à des objets-peinture près de la sculpture.

Entre octobre 2010 et octobre 2015, Tammi Campbell a méticuleusement constitué la série Dear Agnes au cours de laquelle, chaque matin où elle se rendait à l’atelier, elle rédigeait une lettre adressée à la peintre Agnes Martin, pionnière de l’abstraction au Canada. Ces centaines de lettres réalisées à la mine de plomb sur papier japonais présentent toutes un réseau de lignes tracées approximativement à l’aide d’une règle dans d’infinies variations de grilles. Près de l’hommage, ce rituel s’apparente à un geste de compréhension ou de connexion à travers duquel Campbell s’adresse silencieusement à Martin en employant métaphoriquement le vocabulaire géométrique de cette dernière.

Biographie

Tammi Campbell (n. 1974) détient un baccalauréat en arts visuels del’Université de Saskatchewan, Saskatoon. Depuis plus de dix ans, son travail a fait l’objet de plusieurs expositions individuelles et collectives à travers le Canada, notamment à : la Mendel Art Gallery, Saskatoon (2015, 2013, 2012, 2008, 2007); la Justina M. Barnicke Gallery, Toronto (2014); la Dunlop Art Gallery,Regina (2013); le Mercer Union, Toronto (2013); et la Galerie de l’UQAM, Montréal (2013). De plus, une vaste exposition individuelle à la MacKenzie Art Gallery, Regina, lui sera consacrée en 2016. Campbell a également participé à la Biennale canadienne 2014 du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, ainsi qu’au 30e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2012.

Au cours des dernières années, le travail de Campbell a fait l’objet de plusieurs articles spécialisés au sein des revues Canadian Art, Border Crossings ainsi que C Magazine, et ses œuvres ont intégré de nombreuses collections institutionnelles, nommons : BMO Financial Group, Toronto; Dunlop Art Gallery, Regina; Mendel Art Gallery, Saskatoon; Mouvement Desjardins, Québec; Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul; Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa; RBC Financial Group, Toronto; TD Bank Group, Toronto. Elle vit et travaille à Saskatoon, Canada. Tammi Campbell est représenté par la Galerie Hugues Charbonneau, Montréal.