Manuel Mathieu : Perineum

5 mars au 11 avril 2026

Manuel Mathieu : Perineum

À l’aube de sa participation à la 61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, Manuel Mathieu dévoile à Montréal un important nouveau corpus d’œuvres avec l’exposition Perineum à la Galerie Hugues Charbonneau.

 

 

Avec l’exposition Perineum, Manuel Mathieu revient à des préoccupations plus physiques et viscérales dans sa pratique. Après des projets marqués par l’expérience du lieu et du spirituel, cette nouvelle exposition recentre le regard sur une zone fondamentale mais presque invisible. Le perineum (périnée en usage commun), communément appelé le plancher du corps, soutient nos organes, porte nos entrailles et demeure pourtant rarement nommé.

Le périnée possède une profonde charge symbolique. Il constitue la base énergétique du corps, là où siège le chakra racine. L’énergie du vivant s’ancre dans cette région avant de se déployer. Manuel Mathieu s’en inspire pour construire une exposition qui explore la mémoire somatique.
Six nouvelles toiles, trois gravures et deux mosaïques déploient une grammaire visuelle instinctive où les formes se contractent, se fissurent et cherchent à respirer.

Nourrie par une collaboration avec l’autrice Stéphane Martelly, Perineum rappelle que cette zone organique n’est pas vécue de la même manière selon les genres et les héritages. Manuel Mathieu retourne à l’essentiel, dans ce lieu intime où se loge une part fondamentale de notre survie.

 

 

Au sujet de Manuel Mathieu

Marquée par son enfance en Haïti après la chute de la dictature des Duvalier, puis par son émigration au Canada à l’âge de 19 ans, la pratique de Manuel Mathieu explore les luttes partagées et les liens qui nous unissent au-delà des frontières nationales. À une époque saturée d’informations, où images et données prolifèrent plus vite que notre capacité à les comprendre, son travail insiste sur la lenteur et la distance. Il invite le regardeur à prendre du recul, à reconnaître des motifs à travers le temps et à confronter les façons dont l’histoire se répète sous différentes formes.

Marquant une étape majeure dans sa carrière, il fera ses débuts à la 61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, avec des œuvres nouvelles et existantes. Invité par la commissaire suisso-camerounaise Koyo Kouoh et en résonance avec la thématique In Minor Keys, Manuel Mathieu aborde dans son œuvre les thèmes de la violence historique et de l’effacement, tout en explorant les approches culturelles du corps, de la nature et de l’héritage spirituel.

Ses projets récents témoignent d’un élargissement vers des installations multisensorielles de grande envergure, brouillant les frontières entre expérience visuelle, spatiale et sensorielle. Parmi ceux-ci figurent Le Mont habité (2025), une commande publique permanente composée de cinq mosaïques monumentales pour le Réseau express métropolitain (REM) de Montréal, une exposition individuelle offrant un expérience multidisciplinaire et multisensorielle sur les 4 étages de PHI (2025) ainsi qu’une version immersive de Pendulum, présentée à la Biennale d’art de Toronto en 2024.
L’année 2026 s’annonce marquante pour l’artiste. En parallèle de sa participation à la 61e Exposition internationale d’art – La Biennale di Venezia, Manuel Mathieu prendra part à plusieurs expositions collectives et individuelles à New York, Paris et Montréal, affirmant sa présence sur la scène internationale de l’art contemporain.