David Lafrance a entrepris durant la pandémie une recherche picturale liée à son désir de mieux connaître la nature sans essayer de la dominer.
– Éric Clément, La Presse
Alors que la nature est surexposée dans nos médias et menacée dans son intégrité, David Lafrance choisit la proximité et la cohabitation avec celle-ci. Depuis 4 ans maintenant, l’artiste aménage un jardin topographique qui reprend a petite échelle la géographie de la région. Et depuis, l’entièreté de ses tableaux ont été inspiré de ce microcosme et de son environnement immédiat. Sa peinture ne cherche plus à représenter la nature comme un décor, mais à témoigner de sa vitalité, de sa résistance et de son imprévisibilité. Son jardin a tôt fait d’échapper à toute maîtrise : les espèces invasives, la croissance imprédictible des plantes et la présence d’animaux ont bouleversé la cartographie initiale. Le foisonnement du vivant est devenu la matière première du peintre, brisant du coup les codes de domination ou de nostalgie associés au genre du paysage dans la tradition occidentale.
Ses toiles traduisent l’expérience du jardin vivant par une densité visuelle et temporelle : saisons entremêlées, coexistence d’éléments organiques et d’objets d’atelier dans un effacement des hiérarchies. Le paysage y apparaît fragmenté, instable, saturé… un peu à l’image du monde contemporain. Les coups de pinceau broussailleux, les textures épaisses et les discontinuités du plan traduisent une résistance à la lisibilité picturale.
Son travail récent interroge ainsi les possibles de la peinture de paysage à l’époque de la crise écologique : comment représenter la nature sans la figer? Comment en témoigner sans la posséder?
Biographie
David Lafrance (n. 1976) a complété une maîtrise en arts visuels à l’Université Concordia. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions et biennales au Canada, aux États-Unis et en France. Parmi ses expositions individuelles récentes, soulignons celles à la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval (2024), à la Maison de la culture Marie-Uguay (2018); à la Galerie Hugues Charbonneau (2014, 2016, 2018, 2021 et 2025); au Ceaac (2015), Strasbourg; à l’Œil de Poisson (2014), Québec; et au Musée régional de Rimouski (2012). Il a participé à différentes expositions collectives, notamment à la Galerie d’art Stewart Hall (2021), au Musée d’art contemporain des Laurentides (2018), au Musée des beaux-arts de Montréal (2015); à l’Œil de Poisson (2015); à Art action Actuel, Saint-Jean-sur-Richelieu (2013); et au Centre d’art L’écart, Rouyn-Noranda (2013). Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec, du Musée d’art contemporain de Montréal, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’Hydro-Québec, du Mouvement Desjardins ainsi que des villes de Montréal et de Laval.
