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Guillaume Adjutor Provost : Chambre réverbérante

avril 14th, 2019 § 0 comments § permalink

Vernissage le 17 avril de 17h à 19h

Guillaume Adjutor Provost, Sans titre (flux 03.05), 2019
Encre sur papier
Ink on paper
29,7 x 21 cm (11,7” x 8,3”)

Pour sa deuxième exposition à la Galerie Hugues Charbonneau, Chambre réverbérante, Guillaume Adjutor Provost présente une sélection de dessins issus de sa série intitulée Flux(2018-2019). Ces images résultent d’un nombre de séances de dessin automatique où chaque pièce a été exécutée au cours de plusieurs heures consécutives. Durant leur création nocturne, Provost se trouvait dans un état de consciencealtérée provoqué par autohypnose, un état hypnagogiquequi lui permet une libre exploration intérieure. Il compare le vocabulaire visuel qui ressort de ce processus à un flux d’information qui découle directement de sa psyché.

À partir des formes et des symboles cachés qui ont émergé lors de cet exercice, Provost a créé deux sculptures qui font écho aux dessins de Flux. Ornés de motifs en émail, Fée du Kapital (Shift de jour)et Fée du Kapita (Shift de nuit), représentent deux paires de pieds habillés de bottes et de tissus. L’énergie de ces pieds démembrés dans l’espace crée une tension ambiante qui semble évoquer la présenced’esprits. Pour l’artiste, ces « ancres » symbolisent à la fois un systèmeen déconstruction et la base d’un nouvel ordre.

Chambre réverbérantedécoule du désir actuel de Guillaume Adjutor Provost de produire un travail qui s’éloigne de la référentialité pour accéder aux processus internes bruts de la conscience et, du même élan, d’exposer nos relations à l’occupation continuelle et invisible intrinsèque au travail d’artiste.

Guillaume Adjutor Provost est né à Gatineau en 1987. Il vit et travaille à Montréal où il a complété un doctorat en étude et pratique des arts à l’UQAM en 2016. Ses recherches portent sur la notion d’art commissarial, à savoir l’utilisation d’approches commissariales comme mode de création.

Récipiendaire de bourses du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada, de l’OJIQ, de la SODEC, le travail de Guillaume Adjutor Provost a été diffusé lors d’expositions solos et collectives au Canada, en France, en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en Suisse. Parallèlement, sa pratique a été soulignée par l’attribution de la bourse Jean-Claude Rochefort et du prix Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain. Depuis l’automne 2016, il bénéficie d’un atelier à la Fonderie Darling où il présente actuellement une exposition individuelle intitulée Vapeurs en conversation avec Julie Tremble et Guillaume B.B. (commissare: Ji-Yoon Han). En 2018, Provost a présenté une exposition individuelle à Bikini à Lyon, a participé à des expositions de groupe à Critical Distance (Toronto) et Tap Art Space (Montréal) et à complété une résidence de recherche à la fondation Rupert à Vilnius en Lituanie.

Moridja Kitenge Banza : 1

février 27th, 2019 § 0 comments § permalink

 

 

Moridja Kitenge Banza, Christ Pantocrator No1, 2017
Acrylique sur bois, feuille d’or
Acrylic on panel, gold leaf
40 x 30 cm (15,75” x 11,75”) 

 

Dans le cadre de sa première exposition à la Galerie Hugues Charbonneau, Moridja Kitenge Banza présente un tableau issu de sa série « Christ pantocrator » qui explore la complexité de son identité culturelle congolaise à travers des symboles coloniaux enracinés auxquels l’artiste fait subir un glissement de sens. L’artiste décrit ce corpus dans le texte qui suit.

 

Christ pantocrator part de l’icône chrétienne byzantine de Jésus Christ représenté comme étant glorieux et tout puissant. Il s’agit d’une série de peintures qui questionne ma relation avec les masques africains que l’on retrouve dans plusieurs musées occidentaux.

Dans la plupart des cultures africaines, les masques sont réalisés pour être utilisés lors de rites sacrés et de cérémonies célébrant la naissance, la mort ou les récoltes. Déplacés dans un environnement muséal, ils se trouvent amputés de leur contexte de souche et révèlent également ces apories : l’historiquede leur provenance reste méconnu des pays d’où ils viennent et l’identité des artistes, elle, demeure inconnue dans le lieu où ils sont implantés. Objets silencieux et décontextualisés, par leur existence, ils sont pourtant des preuves matérielles de la diversité et de la complexité des sociétés contemporaines africaines. Ce sont des véhicules de transmission essentiels des mœurs et coutumes pour les futures générations africaines.

Mes réflexions sont guidées par une analyse critique des composantes historico-culturelles de mon pays d’origine, la République démocratique du Congo, mais aussi par mon expérience de vie combinant ainsi des multiplicités de sens et d’histoires. Le catholicisme y est présent, transmis à mes ancêtres par les pères jésuites lors de l’évangélisation du Congo, de même que mes traditions familiales. Mon regard actuel sur ces symboles persistants est dynamisé par un élan créatif double, entre mémoire et réappropriation.

Pour ce faire, je puise dans les différents musées qui ont ces objets africains dans leurs collections. Sur la peinture iconographique du Pantocrator que je reproduis, je couvre la tête du Christ des masques choisis. Par cette intervention, je leur redonne leur gloire et leur fonction qui est celle d’être porté.

— Moridja Kitenge Banza

 

Moridja Kitenge Banza : 1 (exposition_exhibition), 2019, Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada (photo : Jean-Michael Seminaro)

 

 

Biographie

Moridja Kitenge Banza est un artiste canadien d’origine congolaise né à Kinshasa en 1980 en République démocratique du Congo. Il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, de l’École supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole ainsi que de la faculté des Sciences humaines et sociales de l’Université de La Rochelle.En 2010, il a reçu  le 1er prix de La Biennale de l’Art africain contemporain, DAK’ART, pour la vidéo Hymne à nouset l’installation De 1848 à nos jours. Son travail a été présenté au Musée Dauphinois (Grenoble, France), au Museum of Contemporary Art (Rosklide, Danemark), à la Arndt Gallery et à la Ngbk (Berlin, Allemagne), à la Biennale Internationale de Casablanca (Casablanca, Maroc), à la Fondation Attijariwafa bank (Casablanca, Maroc), à la Fondation Blachère (Apt, France) ainsi qu’àla BAnQ, à la galerie Joyce Yahouda, à Oboro et au Musée des beaux-arts de Montréal (Montréal, Canada).

 

Démarche artistique

Artiste multidisciplinaire, je m’exprime à travers la peinture, la photographie, la vidéo, le dessin et l’installation.

Ma démarche artistique se situe entre la réalité et la fiction, moyen par lequel j’interroge l’histoire, la mémoire et l’identité des lieux où j’habite ou que j’ai habité en lien avec la place que j’occupe dans ceux-ci. Je confonds intentionnellement réalité et fiction afin de perturber les récits hégémoniques et de créer des espaces où le discours marginal peut exister. Puisant dans les réalités actuelles ou anciennes, j’organise, j’assemble, je trace des figures, tel un géomètre, en me réappropriant les codes des représentations culturelles, politiques, sociales et économiques. Ainsi, je fabrique mes propres outils pour mieux investir le territoire de l’autre dans le but de nourrir tous ces domaines de recherche qui inspirent ma pratique.

 

La galerie tient à remercier Anne-Isabelle Pronkina pour sa contribution au développement de l’idée de cette exposition.

Moridja Kitenge Banza, Authentique #1, 2017
Impression archive au jet d’encre sur papier
Archival digital inkjet print on paper
Édition 3/5
86,3 x 61 cm (34” x 24”)

Exposition en galerie

avril 1st, 2017 § 0 comments § permalink

Jean-Benoit Pouliot L'image soupe : Inclinaisons et déclinaisons, 2017 Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Jean-Benoit Pouliot — L’image souple : Inclinaisons et déclinaisons

Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Du 15 mars au 22 avril

Nouvelles nationales et internationales

Alain Paiement YULFLY, 2016 Impression numérique sur papier coton archive  Digital print on archival cotton rag paper Éd. 5 Image : 142 x 182cm (56” x 71 3/4”) Papier_Paper : 152,5 x 190,5 cm (60” x 75”)

Foire PAPIER 2017

Benoit Aquin, Isabelle Hayeur, David Lafrance, Alain Paiement, Jean-Benoit Pouliot, Karen Tam

Arsenal Montréal, Canada

Du 21 avril au 23 avril (soirée VIP le 20 avril)

6maria-Photo- Toni Hafkenscheid

Maria Hupfield — The One Who Keeps on Giving

The Power Plant, Toronto, Canada

(Commissaire Carolin Köchling)

Du 28 janvier au 14 mai

Hayeur_Monument_Hommes_carrières_03

Isabelle Hayeur — When Form Becomes Attitude

Contemporary Calgary, Calgary, Canada

(Exposition de groupe, commissaire Noa Bronstein)

Du 16 mars au 30 juillet

Solastalgia

Isabelle Hayeur — Solastagia

Hiroshima MOCA, Hiroshima, Japon

1er avril au 28 mai

Jonathan Plante Image ambulatoire, 2016 Sérigraphie lenticulaire Screenprint on lenticular lens 56 x 59 cm (22” x 23”)

Jonathan Plante — Œuvres récentes

Centre d’exposition Ubisoft, Montréal, Canada

Une collaboration d’Ubisoft, Art Souterrain et Galerie Hugues Charbonneau

Vernissage RSVP mercredi le 12 avril à partir de 17h30

Visites par rendez-vous jusqu’au 11 mai

5480, rue Saint-Dominique, Montréal

Cynthia Girard-Renard Les fleurs animales, 2017 Huile sur toile Oil on canvas 95 x 70 cm (37,4” x 27,6”)

Cynthia Girard — Les fleurs animées

L’écart, Rouyn-Noranda, Canada

(exposition de groupe, commissaire Cynthia Girard)

Du 21 avril au 28 mai

Isabelle Hayeur : Desert Shores (L’Amérique perdue)

juillet 30th, 2016 § 0 comments § permalink

Isabelle Hayeur Looking-back (série Desert Shores), 2015-2016 Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond Inkjet print on polyester mounted on Dibond Edition 3 Image : 61 x 91 cm (24” x 36”) Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Isabelle Hayeur
Looking-back (série Desert Shores), 2015-2016
Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond
Inkjet print on polyester mounted on Dibond
Edition 3
Image : 61 x 91 cm (24” x 36”)
Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Pour lancer sa programmation 2016-2017, la Galerie Hugues Charbonneau est heureuse d’offrir une première exposition individuelle d’Isabelle Hayeur en ses murs. L’artiste y présente sa nouvelle série Desert Shores (L’Amérique perdue) (2015-2016) qui documente la région polluée et désertée de Salton Sea aux États-Unis. De ce vaste corpus, Hayeur a retenu cinq œuvres qu’elle adjoint d’une vidéo, d’une durée de 35 minutes, ainsi que d’un coffret photographique offrant 60 clichés de la série pour consultation sur place.

Salton Sea est un vaste lac salé situé sur la faille de San Andreas, dans une dépression aride du sud-ouest de la Californie à 227 pieds sous le niveau de la mer. Il a été accidentellement créé lors d’un déversement de la rivière Colorado qui fut endigué au début du siècle dernier. Dans les années 1950 et 1960, le site devint une destination touristique très prisée et un paradis pour les amateurs de pêche : ses berges comptaient de nombreux hôtels, marinas et clubs nautiques. Baptisé Desert Shores, ce lieu de villégiature connaît alors une forte croissance économique et démographique.

Isabelle Hayeur Marea Roja (série Desert Shores), 2015-2016 Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond Inkjet print on polyester mounted on Dibond Edition 3 Image : 61 x 91 cm (24” x 36”) Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Isabelle Hayeur
Marea Roja (série Desert Shores), 2015-2016
Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond
Inkjet print on polyester mounted on Dibond
Edition 3
Image : 61 x 91 cm (24” x 36”)
Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Puis, au cours des années 1970, le niveau du lac s’abaisse et sa salinité augmente drastiquement en corrélation directe avec l’intensification de l’activité agricole industrielle. De nos jours, les alentours de Salton Sea sont désertés et désolés; des alluvions gorgées d’engrais et de pesticides polluent l’eau; des efflorescences algales déciment les poissons. Les stations balnéaires ont cédé la place aux parcs de maisons mobiles où pauvres, marginaux et immigrants mexicains logent. Cette région nous renvoie aujourd’hui une image bien différente et peu reluisante des Étas-Unis. Pour Hayeur, ces paysages désenchantés sont à l’image d’une Amérique perdue, d’une ère où tout semblait possible et accessible pour l’ensemble des citoyens. Ils sont semblables à ces autres zones de grande pauvreté que l’on retrouve à travers les États-Unis, une sorte de tiers monde de l’Amérique, où les plus démunis habitent, faute de mieux. Les œuvres de la série Desert Shores (L’Amérique perdue) sont autant de fragments d’un paysage dystopique où ruines modernes, intérieurs délabrés couverts de graffitis, poissons desséchés et plans d’eau aux teintes inquiétantes assemblent le désert d’un échec humain aux frais de la nature.

Isabelle Hayeur Exposure (série Desert Shores), 2015-2016 Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond Inkjet print on polyester mounted on Dibond Edition 3 Image : 61 x 91 cm (24” x 36”) Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Isabelle Hayeur
Exposure (série Desert Shores), 2015-2016
Jet d’encre sur papier polyester, monté sur Dibond
Inkjet print on polyester mounted on Dibond
Edition 3
Image : 61 x 91 cm (24” x 36”)
Papier_Paper : 76 x 106,5 cm (30” x 42”)

Isabelle Hayeur

Les œuvres d’Isabelle Hayeur ont été largement diffusées au sein d’importantes expositions, entre autres auMuseo Cultural (Santa Fe) (2016);auToday Art Museum (Beijing) (2015); au New Orleans Museum of Art(2015); au Centre culturel canadien (Paris) (2012); au Akbank Sanat (Istanbul) (2008); au Musée national des beaux-arts du Québec (2007); au Musée d’art contemporain de Montréal (2006); au Neuer Berliner Kunstverein (Berlin) (2005); au Casino Luxembourg Forum d’art contemporain (2005); et au Massachusetts Museum of Contemporary Arts (2004). Ses œuvres figurent dans plus d’une vingtaine de collections, dont celles du Musée des beaux-arts du Canada, du Fonds national d’art contemporain à Paris, de l’Art Gallery of Ontario, de la Vancouver Art Gallery, duMusée de la photographie canadienne,du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, du New Orleans Museum of Art et du Museum of Contemporary Photography in Chicago.

Isabelle Hayeur Desert Shores [exposition_exhibition], 2016 Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur
Desert Shores [exposition_exhibition], 2016
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur Desert Shores [exposition_exhibition], 2016 Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur
Desert Shores [exposition_exhibition], 2016
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur Desert Shores [exposition_exhibition], 2016 Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur
Desert Shores [exposition_exhibition], 2016
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur Desert Shores [exposition_exhibition], 2016 Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Isabelle Hayeur
Desert Shores [exposition_exhibition], 2016
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Julie Trudel : Noir d’ivoire et blanc de titane — transparence et distorsion

avril 6th, 2016 § 0 comments § permalink

Julie Trudel Transparence et distorsion NNBN, 2015 Acrylique et gesso sur feuille acrylique Acrylic and gesso on acrylic sheet 117 x 59,5 x 35,5 cm (46

Julie Trudel
Transparence et distorsion NNBN, 2015
Acrylique et gesso sur feuille acrylique
Acrylic and gesso on acrylic sheet
117 x 59,5 x 35,5 cm (46″ x 23 1/2″ x 14″)
(Photo : Jordan Blackburn)

La Galerie Hugues Charbonneau est heureuse de présenter une deuxième exposition individuelle de Julie Trudel qui nous offre la plus récente avancée de ses travaux sur la matérialité de la couleur. Cette série d’une dizaine de peintures tridimensionnelles a été conçue en 2015 lors de diverses résidences artistiques et présentée en partie à l’Anna Leonowens Gallery de NSCAD University l’automne dernier.

Julie Trudel Transparence et distorsion NNBN, 2015 Acrylique et gesso sur feuille acrylique Acrylic and gesso on acrylic sheet 117 x 59,5 x 35,5 cm (46

Julie Trudel
Transparence et distorsion NNBN, 2015
Acrylique et gesso sur feuille acrylique
Acrylic and gesso on acrylic sheet
117 x 59,5 x 35,5 cm (46″ x 23 1/2″ x 14″)
(Photo : Jordan Blackburn)

Pour Noir d’ivoire et blanc de titane — transparence et distorsion, Julie Trudel maintient une contrainte chromatique qu’elle s’est imposée en 2012, soit l’utilisation de pigments noir et blanc pur, simplement dilués avec une grande quantité de médium acrylique. Mais elle innove, cette fois, en introduisant dans sa pratique des supports d’acrylique clair (communément appelé plexiglas). Ce sont des considérations techniques qui, fin 2014, l’ont amenée à choisir ce matériau pour en exploiter les propriétés – telles que la transparence, les reflets, la réversibilité, la plasticité – en conjonction avec ses préoccupations entourant la translucidité et l’opacité de la peinture. Au fil de ses expérimentations avec différents types de plastiques, la lumière est devenue une composante centrale, et le tableau s’est conséquemment dégagé du mur pour mieux la capter.

Julie Trudel Transparence et distorsion BNNN, 2015 Acrylique et gesso sur feuille acrylique Acrylic and gesso on acrylic sheet 117 x 59,5 x 35,5 cm (46

Julie Trudel
Transparence et distorsion BNNN, 2015
Acrylique et gesso sur feuille acrylique
Acrylic and gesso on acrylic sheet
117 x 59,5 x 35,5 cm (46″ x 23 1/2″ x 14″)
(Photo : Jordan Blackburn)

Chaque œuvre est réalisée dans une feuille de plexiglas très mince peinte sur une seule face avant d’être pliée de manière tripartite par thermoformage. Deux segments sont peints en aplats noirs, qui réfléchissent comme des miroirs, ou blancs, qui reflètent la lumière. Le troisième segment est translucide et couvert d’un motif de points, également translucides, qui fuient hors de la surface, produisant une illusion de mouvement et de profondeur. Le rabattement des panneaux latéraux de part et d’autre de la partie centrale entraîne un jeu complexe de reflets entre les trois faces, tandis que la forme concave ainsi générée tend à capturer la lumière et à démultiplier les effets de transparence ou de distorsion des nuées pointillées. Il devient évident que le choix du support permet ici d’amplifier les recherches de Trudel sur la matière colorée et la lumière, ouvrant par le fait même à de nouveaux possibles au sein du champ pictural. De plus, la mise en exposition même de ses œuvres contribue à une expérience où les visiteurs-euses sont appelés à prendre conscience de la nature quasi sculpturale des tableaux qui s’avancent dans l’espace de la galerie et dont l’aspect change dramatiquement selon l’angle de vue.

Julie Trudel Noir d'ivoire et blanc de titane -- transparence et distorsion, 2016 Vue d'exposition Exhibition view Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Julie Trudel
Noir d’ivoire et blanc de titane — transparence et distorsion, 2016
Vue d’exposition
Exhibition view
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Julie Trudel

Au cours des cinq dernières années, le travail de Julie Trudel a été présenté en France, en Allemagne, au Japon, aux États-Unis ainsi qu’à travers le Canada. Elle a été finaliste du Concours de peintures canadiennes de RBC à deux reprises (2011, 2012) et lauréate du Prix Joseph Plaskett en peinture (2013). Ses œuvres sont entre autres présentes dans la Collection Prêt d’œuvres d’art du Musée national des beaux-arts du Québec, dans la collection de la Ville de Montréal ainsi que dans celles de la Banque RBC et TD. Julie Trudel vit et travaille à Montréal.

L’artiste remercie chaleureusement la fondation Joseph Plaskett, Triangle Arts Association, NSCAD University et la Robert Pope Foundation qui l’ont soutenue dans le développement de ce nouveau projet. Elle salue également la contribution de Katie Lesser et de Arkadi Lavoie Lachapelle, d’habiles et fiables assistantes d’atelier, ainsi que de Donald Thompson, Martin Schop et de l’Atelier Clark qui ont aidé à résoudre de nombreux défis techniques.

Julie Trudel Noir d'ivoire et blanc de titane -- transparence et distorsion, 2016 Vue d'exposition Exhibition view Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Julie Trudel
Noir d’ivoire et blanc de titane — transparence et distorsion, 2016
Vue d’exposition
Exhibition view
Galerie Hugues Charbonneau, Montréal, Canada

Cynthia Girard-Renard : La revanche des Sans-culottes

février 18th, 2016 § 0 comments § permalink

Cynthia Girard-Renard, La revanche des Sans-culottes, 2016, exposition _ exhibition, Galerie Hugues Charbonneau, Montréal

Cynthia Girard-Renard, La revanche des Sans-culottes, 2016, exposition _ exhibition, Galerie Hugues Charbonneau, Montréal

La revanche des Sans-culottes

Pour sa première exposition en solo à la Galerie Hugues Charbonneau, Cynthia Girard-Renard propose un corpus d’œuvres réalisé lors d’une résidence du CALQ à Paris en 2015 et présenté à l’automne dernier à Porto, Portugal, sous le titre Les Sans-culottes. Cette série est pour l’occasion augmentée par de nouvelles œuvres alors que ses marionnettes, bannières et peintures ont été reprises et complexifiées par Girard-Renard. Elle prend comme point de départ la Révolution française pour opérer un retour critique sur la pensée révolutionnaire dans un contexte néolibéral d’austérité.

Cynthia Girard-Renard Sous les pavés, la plage, 2015 Acrylique sur toile libre de coton Acrylic on unstretched cotton canvas 224 x 287 cm (88’’ 1/4 x 113’’)

Cynthia Girard-Renard
Sous les pavés, la plage, 2015
Acrylique sur toile libre de coton
Acrylic on unstretched cotton canvas
224 x 287 cm (88’’ 1/4 x 113’’)

La revanche des Sans-culottes emprunte ses ressorts irrévérencieux et comiques au genre caricatural de la satire sociale du 18e siècle en France qui a particulièrement influencé l’artiste dans le cadre de ce projet. Le titre de l’exposition fait référence au nom donné par mépris, lors de la Révolution française, au costume des manifestants populaires qui arborait le pantalon ou la jupe rayés plutôt que la « culotte », symbole vestimentaire de l’aristocratie d’Ancien Régime. Girard-Renard met véritablement en scène l’affrontement entre monarchie et peuple à travers un éventail d’œuvres qui rejouent l’excès et la décadence de la cour de Marie-Antoinette et de Louis XVI qu’elle met en parallèle avec l’insatiabilité des oligarques et millionnaires actuels. L’industrie du luxe, la mode, la finance entrent ainsi en collision avec la menace de la dette en Grèce et les mesures d’austérité servies comme un coup de bâton de guignol entre autres au Québec et à travers la zone euro.

Cynthia Girard-Renard Petit théâtre du grand capital, 2016 Techniques mixtes Mixed media 240 x 90 x 90 cm (94 1/2’’ x 35 1/2’’ x 35 1/2’’)

Cynthia Girard-Renard
Petit théâtre du grand capital, 2016
Techniques mixtes
Mixed media
240 x 90 x 90 cm (94 1/2’’ x 35 1/2’’ x 35 1/2’’)

Dans la Galerie, Le petit théâtre du grand capital (2016) illustre cet affrontement entre le 1 %, qui ne semble que changer de visage au fil du temps, et le 99 % restant. Marionnettes et accessoires en papier mâché y reprennent les codes burlesques et scabreux du Théâtre du Grand-Guignol, actif à Paris de 1896 à 1963. Le rideau scénique Sous les pavés, la plage (2015) renvoie pour sa part à un slogan de Mai 68 et laisse flotter ces quelques mots dans l’exposition comme un pont avec 1789, mais aussi comme une recherche de cette fougue révolutionnaire, de ce refus d’un règne de la médiocrité.

Cynthia Girard-Renard Les Sans-culottes, 2015 Papier, bois et corde Paper, wood and rope 167,5 x 90 x 244 cm (66’’ x 35 1/2’’ x 96’’)

Cynthia Girard-Renard
Les Sans-culottes, 2015
Papier, bois et corde
Paper, wood and rope
167,5 x 90 x 244 cm (66’’ x 35 1/2’’ x 96’’)

Cynthia Girard-Renard

Depuis plus de vingt ans, Cynthia Girard-Renard expose activement son travail au Canada et sur la scène internationale : Esker Fondation, Calgary (2014); Thousand Plateaus Art Space, Chengdu, Chine (2011); Dunlop Art Gallery, Régina (2010); Musée national des beaux-arts du Québec, Québec (2010); September Gallery, Berlin (2009); Künstlerhaus Bethanien, Berlin (2009); SPACE, Londres (2006); etc. Mentionnons aussi son exposition Fictions sylvestres en solo au Musée d’art contemporain de Montréal en 2005 et sa participation à la Triennale québécoise de 2008. Son travail est entre autres présent dans les collections du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec, de la Carleton University Art Gallery, de la Galerie de l’UQAM ainsi que dans de maintes collections privées. Elle vit et travaille à Montréal.

Cynthia Girard-Renard, La revanche des Sans-culottes, 2016, exposition _ exhibition, Galerie Hugues Charbonneau, Montréal

Cynthia Girard-Renard, La revanche des Sans-culottes, 2016, exposition _ exhibition, Galerie Hugues Charbonneau, Montréal

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